Un chantier de construction, de rénovation ou de démolition produit des déchets très variés : gravats, bois, métaux, plâtre, emballages, parfois des produits dangereux. Depuis plusieurs années, la réglementation française renforce les exigences de tri à la source et de traçabilité. Connaître les obligations de tri des déchets de chantier permet d’organiser le chantier dès le départ, d’éviter les mauvaises surprises et de favoriser le recyclage. Voici un panorama des grandes règles, à compléter par les textes en vigueur pour votre situation précise.
Le principe : le producteur est responsable de ses déchets
Le code de l’environnement pose un principe général : toute personne qui produit ou détient des déchets est responsable de leur gestion jusqu’à leur élimination ou leur valorisation finale, même lorsqu’elle les confie à un tiers. Sur un chantier, l’entreprise qui réalise les travaux est en général considérée comme productrice des déchets, et le maître d’ouvrage a lui aussi un rôle à jouer, notamment pour les opérations de démolition ou de rénovation significative. Confier ses déchets à un prestataire ne dégage donc pas de toute responsabilité : il faut s’assurer qu’ils sont dirigés vers des installations autorisées.
Le tri à la source et les flux séparés
Le décret dit 5 flux, devenu 7 flux
Un décret de 2016 a imposé aux professionnels de trier à la source cinq flux de déchets : papier et carton, métal, plastique, verre et bois. Il a ensuite été complété, dans le cadre de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire de 2020, par deux flux supplémentaires : les fractions minérales (béton, briques, tuiles, céramiques, pierres) et le plâtre. On parle désormais couramment de tri 7 flux.
- Papier et carton
- Métaux
- Plastiques
- Verre
- Bois
- Fractions minérales : béton, briques, tuiles, pierres
- Plâtre
Tri sur place ou tri déporté
Le tri peut être réalisé directement sur le chantier, avec plusieurs bennes ou contenants séparés, ou confié à un prestataire qui effectue ce tri après collecte dans une installation adaptée, à condition que les performances de valorisation soient équivalentes. Sur les petits chantiers où la place manque, cette seconde option est fréquente. Dans tous les cas, séparer au minimum les déchets inertes, le bois et les déchets dangereux reste une bonne pratique.
La filière REP des produits et matériaux de construction
La loi de 2020 a créé une filière à responsabilité élargie du producteur pour les produits et matériaux de construction du secteur du bâtiment, souvent abrégée REP PMCB. Son principe : les fabricants et distributeurs de matériaux financent, via des éco-organismes agréés, la collecte et le traitement des déchets issus de ces produits. L’objectif affiché est de développer un maillage de points de reprise et de faciliter la reprise sans frais des déchets triés. La mise en place de cette filière s’est faite progressivement et ses modalités ont fait l’objet d’ajustements : renseignez-vous sur les conditions actuelles auprès des éco-organismes et des points de collecte proches de votre chantier.
La traçabilité des déchets
Le registre chronologique
Les professionnels qui produisent, transportent ou traitent des déchets doivent tenir un registre chronologique indiquant la nature des déchets, les quantités, les dates et les destinations. Ce registre permet de justifier, en cas de contrôle, du devenir des déchets du chantier.
Les bordereaux de suivi
Pour les déchets dangereux, un bordereau de suivi accompagne le déchet depuis le chantier jusqu’à l’installation de traitement. Pour les déchets de chantier non dangereux, la réglementation prévoit la délivrance d’un bon de prise en charge ou d’un justificatif par l’installation qui les réceptionne. Conservez soigneusement ces documents : ils prouvent que vos déchets ont été traités dans les règles.
Trackdéchets pour les déchets dangereux
Depuis 2022, la traçabilité des déchets dangereux passe par Trackdéchets, la plateforme numérique de l’État qui dématérialise les bordereaux. Producteurs, transporteurs et installations y signent électroniquement chaque étape. Les déchets contenant de l’amiante sont concernés, de même que les peintures, solvants ou bois traités dangereux. Si vous êtes professionnel et que vous produisez ce type de déchets, vous devez disposer d’un compte.
Le diagnostic PEMD pour les démolitions
Avant certaines opérations de démolition ou de rénovation significative, au-delà de seuils de surface définis par la réglementation, le maître d’ouvrage doit faire réaliser un diagnostic portant sur les produits, équipements, matériaux et déchets, appelé diagnostic PEMD. Il recense les matériaux présents et identifie les possibilités de réemploi et de valorisation. Pour un chantier de particulier de taille modeste, cette obligation ne s’applique généralement pas, mais le repérage amiante avant travaux reste un point d’attention majeur dans les bâtiments anciens.
Ce qu’il faut séparer en priorité
À isoler systématiquement
- Inertes propres : béton, briques, tuiles, pierres
- Bois
- Plâtre
- Métaux
- Déchets dangereux, dans des contenants dédiés
À ne jamais mélanger
- Amiante avec d’autres déchets
- Peintures ou solvants dans le tout-venant
- Plâtre dans une benne d’inertes
- Ordures ménagères avec les déchets de chantier
Organiser le tri sur un chantier
Le tri se prépare avant le premier coup de masse. Identifiez les flux que vous allez produire et leurs volumes, puis choisissez les contenants adaptés. Sur un chantier de démolition, une benne réservée aux inertes permet de les envoyer vers une plateforme de recyclage en granulats : voyez notre page benne à gravats. Le bois peut partir dans une benne bois dédiée. Les déchets mélangés non dangereux trouvent leur place dans une benne tout-venant, triée ensuite en centre. Les produits dangereux, eux, restent à part et suivent leur filière. Pour la liste de ce qui est refusé, consultez notre article sur les déchets interdits en benne.
Quelques gestes simples font la différence : signalétique claire sur chaque contenant, consignes données à toutes les équipes, y compris aux sous-traitants, et point régulier sur le remplissage pour commander une rotation au bon moment.
Les avantages d’un tri bien fait
Au-delà de la conformité, le tri améliore la propreté et la sécurité du chantier, facilite les rotations et valorise l’image de l’entreprise auprès des clients. Les matériaux inertes triés sont recyclés en granulats, le bois en panneaux ou en énergie, les métaux refondus : autant de ressources qui ne finissent pas en enfouissement.
En résumé
Les obligations de tri des déchets de chantier reposent sur quelques piliers : responsabilité du producteur, tri des 7 flux, filière REP PMCB, traçabilité par registre et justificatifs, et Trackdéchets pour les déchets dangereux. Les textes évoluent régulièrement : vérifiez les règles applicables à votre chantier auprès des sources officielles. Pour organiser vos bennes, consultez notre page location de benne pour professionnel ou appelez le 07 46 73 52 00.




